Encore au revoir, chers collègues


Après une année à courir entre 239 élèves, 7 classes, 2 groupes, les conseils de classe, la pastorale, le théâtre, les réunions parents-professeurs, les mots jaunes, les lettres rouges, le concours… et quelques litres de café, je peux vous confirmer une chose : le métier d'enseignant est bel et bien un sport d'endurance ! 

 Je suis arrivé avec mon accent, mes habitudes latino-américaines, quelques idées philosophiques et beaucoup d'enthousiasme. J'ai découvert qu'en France, on pouvait faire des progressions, des compétences, des parcours, des réunions, des bilans… et même, parfois, des cours ! 

 J'ai essayé d'être professeur d'espagnol, professeur principal, accompagnateur pastoral, acteur de théâtre à mes heures perdues et, à l'occasion, psychologue, médiateur et spécialiste des mails interminables. 

 Je repars avec quelques certitudes : les adolescents sont les mêmes sur tous les continents, le café reste une nécessité pédagogique et aucune formation ne prépare vraiment à répondre à un parent mécontent à 22 h 43. 

 Je vous laisse quelques souvenirs qui resteront gravés dans ma mémoire pédagogique : 
Le plus grand exercice de patience : essayer d'organiser un moment convivial avec l'équipe d'espagnol. 
• La plus belle promesse : « Une bière ne se refuse jamais. » C'est vrai… mais elle peut parfois attendre plusieurs mois ! 
• Le moment le plus éprouvant : faire cours en pleine canicule. 
• Le plus grand soulagement : apprendre que les cours s'arrêtaient plus tôt que prévu. 
• La plus belle réconciliation : recevoir des chocolats après avoir changé un conseil de classe sans me prévenir. 
• La sanction la plus mémorable : oublier de mettre mon téléphone en mode silencieux pendant un cours de 5e C… et demander à la déléguée de l'apporter à la vie scolaire. Il paraît qu'il faut montrer l'exemple ! 
• La plus grosse bêtise : annoncer à une classe de 3e une information qui devait encore rester confidentielle... 
• Le plus grand acte de courage : aller présenter mes excuses à la direction après cette magnifique gaffe. 
• La phrase que je n'oublierai jamais : « Vous donnez beaucoup pour le collège ; vous recevez également. » Ces mots sont arrivés au moment où je cherchais un signe pour partir au Chili dire au revoir à mon père. 

 Plus sérieusement, je garderai le souvenir d'une équipe accueillante, disponible et toujours prête à partager un conseil, une inquiétude ou un éclat de rire entre deux sonneries. 

Vous m'avez appris qu'être enseignant, c'est aussi accepter de continuer à apprendre… et surtout savoir rire de soi-même. 

 Merci à tous pour votre patience, votre bienveillance et votre confiance. 

 Je vous laisse maintenant avec mes réflexions philosophiques et mon accent chilien, en espérant avoir semé quelques graines… et seulement quelques bêtises. 

 Je vous souhaite à tous un très bel été. Que le soleil brille sur vos vacances, avec juste ce qu'il faut d'ombre, d'eau fraîche et de repos. 

 Et si je peux encore être utile un jour, ce sera avec grand plaisir que je reviendrai vous donner un coup de main. 

 ¡Hasta luego y muchas gracias!

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